Depuis son origine, la psychanalyse
est confrontée (dans sa pensée comme dans sa pratique) au travail d' articulation entre ce qui est zeitlos et ce qui se passe dans le temps. La presqu' immédiateté qui règne dans tout le cyberspace (et ses conséquences) et les pressions liées à l'accélération de tous
les changements ne pourraient-elles pas commencer à être un peu
élaborées à partir de ce que nous avons appris sur les conjugaisons
de l'instant et de ce qui dure.. ? Comment penser le virtuel dans la communication-cyber dès lors que son
illimitation, sa dé-territorialisation, sa dé-corporéification, ne sont
plus contenus dans aucun «cadre» vraiment repérable par des paramètres
précis?
Est-il sérieux de proposer des psychanalyses et surtout des supervisions d'analyse par webcam ou mails..?
L'expérience du Web, l'ensemble des modifications
qu'elle produit, ses surprises heureuses, ses nouvelles formes de craintes
peuvent-elles être l'objet d' élaborations patientes et partagées? C'est
l'hypothèse qui fonde l'existence de cet espace de réflexion, ouvert aussi
bien aux psychanalystes qu'aux autres passants.