| Après la
séance, Lydia demanda à sa mère si elle pouvait passer à deux
rendez-vous par semaine et, au cours des deux mois qui suivirent, sa
thérapeute et elle améliorèrent leur "relation en ligne" Lorsque Lydia commença à mettre à profit la plus grande indépendance que lui accordait ses parents, la thérapie quitta le jeu en ligne pour reprendre un cours normal...P.149-153 |
| Cette histoire fait écho
pour moi à celle des Dancing babies que Sylvain Missonnier a partagé avec nous en la mettant sur
Carnet Psy: comment la pièce jointe acceptée à l'intérieur de
la thérapie va produire une succession de pièces jointes qui servent
de support à toute une élaboration du fantasme , comment cette
"acceptation" par le thérapeute est précédée d'une hésitation (crainte de la
transgression etc) puis comment une sorte de confiance ("d'inspiration"
dit ici M. Civin) en la possibilité que la nouveauté de ce qui est apporté(contenu
et modalité) soit une chose "élaborable" à l'intérieur de
la situation transfero-contre-transferentielle l'emporte et puis
enfin la "happy end".. Et si cet écho se fait si bien, c'est que j'ai des expériences proches, avec des similitudes dans ces successions et une "happy end":-) qui a des points communs et -comme c 'est avec un "support-net" différent (dans le travail d'une de mes patientes, il s'agissait de la succession de ses relations sur ICQ)- je me dis que peut-être nous avons là un élément précieux quant à la manière d'écouter et de mettre ces choses-web au service de la thérapie. |
| L'autre intérêt de ce livre, c'est son mode de théorisation : ici elle est surtout kleinienne et les concepts kleiniens comme "position schizo-paranoïde", "position dépressive","objet partiel/total" etc font merveille pour interroger maintes expériences de base des pratiques-web: |
| L'utilisation si fréquente du web comme anti-dépresseur,
les éléments de persécution
dans la pratique des news (comme je l'avais aperçu..) et d'une manière
générale toute la "paranoïa" que toutes sortes d'activités-web
peuvent produire directement ou latéralement, tout cela semble pouvoir
se dire en kleinien. Mais, même
pour quelqu'un qui n'est pas kleinien ( c'est mon cas) le fait que
M.Civin ait recours à un ensemble de concepts relevant d'une théorisation
centrale
(plutôt qu'à du
patchwork) est utile: cela produit un effet de clarification sur ce qui
est déjà un peu pensé ou rendu pensable.. Ainsi faisant, il permet à
chacun de trouver ou de retrouver d'autres concepts et de "construire"
éventuellement autrement tous les éléments de l'expérience et de
l'observation, par comparaison avec ceux qui sont ici si généreusement
donnés. |
| Mais aussi, en discutant les idées de Winnicott comme il le fait, Michael Civin va permettre de faire le point sur les usages que nous avons faits de la transitionnalité, depuis que Sherry Turkle, dès 1995, en avait montré avec éclat la fécondité. |
| Ce point
est pour moi important, je vais lui consacrer une autre page.. Le livre de M.Civin nous ramène d'une certaine manière aux années 60-70, par sa référence à Searles (qui pour moi en ces années-là était le Searles de "l'effort pour rendre l'autre fou"), ensuite parce qu'en ces années-là aussi, j'ai bien dû parler( et bien d'autres aussi..) de ["objet transitionnel", "objet culturel", "objet fétiche"] et de toutes sortes de choses de ce genre..La "culture" et les jeux d'apprentissage rencontrées sur le web me pousseraient donc plutôt à chercher encore du coté du complexe d'Œdipe :-) (à suivre) |
| Genevieve Lombard Bordeaux, 13 juillet 2003. |
