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L'orientation d'origine de ce site, affirmée en 1998, peut être
maintenue: il parait toujours vrai que des aspects essentiels du processus de civilisation sont entrés en métamorphose depuis la naissance et le développement du cyberspace, qu'ils demandent plus que jamais expérimentations et élaborations, et que nous pouvons suivre la voie tracée par Freud en ce qui concerne les liaisons de la psychanalyse et de la civilisation pour essayer de les penser. Nous allons donc continuer avec nos principales questions. |
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| Quels sont les cyber-problèmes que la pensée psychanalytique peut le mieux étudier ? | ||||
| Cette réflexion peut trouver une partie de ses outils dans le corpus théorique freudien, c'est ce que montrent à leur façon les nombreux Sites, Congrès et Publications qui sont apparus dans ces dernières années. Ce n'est guère étonnant si on garde à l'esprit que toute la construction freudienne, une fois posée « la réalité psychique» (dans son mode de réalité, ce qui se passe avec l'article sur Le souvenir-écran 1899), essaie de rendre «pensables» les modes de constitution de cette «réalité» ainsi que les «passages» et «modes d'action» entre cette «réalité» et tout le reste de l'existant. | ||||
| Les entre-deux et les hétérogénéités
formant le cœur de la pensée psychanalytique, les champs communs
à des "réalités" différentes ne devraient-ils pas lui être
facilement accessibles ? Dans cette perspective, n'aurions-nous pas cédé trop vite à la facilité en abusant des outils winnicottiens? |
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| Depuis son origine, la psychanalyse est confrontée (dans sa pensée comme dans sa pratique) au travail d' articulation de ce qui est zeitlos et de ce qui se passe dans le temps.. L' expérience de la presqu' immédiateté dans tout le cyberspace (avec toutes ses conséquences), les pressions liées à l'accélération de tous les changements etc.. ne pourraient-elles pas commencer à être un peu élaborées à partir de ce que nous avons appris sur les conjugaisons de l'instant et de ce qui dure.. ? | ![]() |
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| Peut-on craindre de l'immédiateté et de la vitesse qu'elles mettent à mal à tout jamais les magies lentes, les élaborations patientes..? | ||||
| De plus (et il y a là un monde de problèmes..) la psychanalyse a cultivé et cultive encore son propre fond quant à un certain type de « virtuel », et de «présence-absence». Si on songe à toutes les «virtualisations» que permet l' exercice de la parole dans la circulation «association libre-silence-interprétation» (pour ne prendre qu' un aspect des choses) on voit bien que ce virtuel-là a sa limite (co-présence réelle des deux partenaires de la cure, cadre, argent. etc.).Ce mode de liaison si particulier du virtuel à ce qui ne l' est pas est probablement une des forces de la pensée et de la pratique psychanalytiques.. | ||||
| Comment penser le virtuel dans la communication-cyber dès lors que son illimitation, sa dé-territorialisation, sa dé-corporéification, ne sont plus contenus dans aucun «cadre» vraiment repérable par des paramètres précis? | ||||
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C 'est le centre de tous les problèmes qui sont à penser, qu'ils soient théoriques ou cliniques. Je tiens pour assuré que cette co-présence effective dans un même lieu des deux partenaires d'un travail psychanalytique est un incontournable et que ceux qui prétendent inventer la cyberpsychanalyse non seulement semblent n'avoir jamais vécu eux-mêmes des moments de silence ou de régression sur un divan(ils sauraient alors pourquoi ils ne peuvent vivre de tels moments essentiels à la remémoration-élaboration devant un écran..) mais encore semblent avoir fort peu expérimenté le mode de vie intellectuelle, émotionnelle, et les modes différents de régression et de fantasmatisation que la vie sur l'écran produit. | |||
| Les "psychothérapies" par webcams (et payées d'avance) ont-elles encore quelque chose de commun avec la psychanalyse? | ||||
| ll se peut que cette dérive prévisible ne soit pas pour rien
dans le fait que tous les problèmes liés à l'existence de l'Internet
aient rencontré dans nos milieux psychanalytiques- plus peut-être encore
que chez tous ceux qui résistent à l'évidence de la réalité en développement
du cyberspace- des obstacles qui ont la délicieuse particularité de
pouvoir se déguiser en vertus.. Il y a eu d'abord un déni massif de l'existence du cyberspace et des problèmes qu'il nous pose, le refus surtout d'en apercevoir la nouveauté et en cela, les psychanalystes (pour ce que j'ai pu en comprendre durant ces dernières années..) n'ont fait ni mieux ni plus mal que la plupart des gens.. Mais- ce faisant- ils ont mis en lumière des positions qui tenteraient de faire passer l' ignorance (qui comme Lacan l'a bien dit est la passion de « ne pas vouloir savoir») pour prudence toute psychanalytique... Avec le déni va le clivage, le refus peut tout aussi bien se transformer en une sorte d'engouement aveugle, laissant le champ libre à ceux qui se présentent comme les experts techniques. L'autre écueil est l' « application » des concepts de la psychanalyse, sans expérience suffisante des choses auxquelles ces concepts sont appliqués (parler « dessus » sans avoir été «dedans»..),ce qui ne peut que brouiller les champs. Rebondissent ici tous les anciens débats à propos de la psychanalyse dite « appliquée» mais à une échelle bien différente, car l'objet dont il s'agit maintenant (le cybermonde) n'est pas un simple département de la culture. Mais surtout l'informatique a partie liée avec les neurosciences, la biologie moléculaire, et bien d'autres champs scientifiques en mutation. |
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| N'est-ce pas notre capacité de pouvoir prendre en compte ce changement de paradigme dans le dialogue de la psychanalyse avec tout l'ensemble de la culture qu'il nous faudrait surtout explorer? | ||||
| En archive, la première forme de ces arguments Janvier
1998. Geneviève Lombard , Bordeaux , mise à jour le 10 juillet 2005. |
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